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Perplexity AI propose un partage des revenus avec les médias : vers un nouveau modèle de collaboration

L’essor de l’intelligence artificielle générative a profondément transformé la manière dont l’information est produite, diffusée et consultée. Des outils comme ChatGPT, Gemini ou Perplexity permettent aux utilisateurs d’obtenir des réponses synthétiques à partir de requêtes complexes, souvent nourries de contenus journalistiques ou encyclopédiques. Cette évolution suscite des tensions croissantes avec les éditeurs de presse, qui dénoncent une utilisation de leurs articles sans autorisation ni rémunération.

Plusieurs litiges opposent déjà des groupes de médias à des acteurs majeurs de l’IA. Le New York Times a ainsi engagé des poursuites contre OpenAI et Microsoft pour avoir, selon lui, utilisé ses archives dans l’entraînement de modèles propriétaires sans contrepartie1. Dans ce contexte conflictuel, la start-up Perplexity AI se distingue en adoptant une stratégie inédite : proposer un partage des revenus avec les éditeurs de contenus.

Créée en 2022, Perplexity AI développe un moteur de recherche conversationnel fondé sur des modèles de langage avancés. Contrairement à d’autres assistants IA, Perplexity affiche systématiquement ses sources et renvoie vers les articles originaux. Ce positionnement axé sur la transparence et la vérifiabilité a séduit une partie des utilisateurs exigeants, notamment dans les milieux académiques et journalistiques.

En juin 2025, la société a annoncé vouloir aller plus loin en proposant un modèle de partage des revenus publicitairesgénérés par les clics sur ses réponses IA. L’objectif est clair : construire une relation contractualisée avec les éditeurs, en reconnaissant la valeur de leurs contenus dans les réponses générées par le moteur.

Selon les éléments communiqués par Perplexity, le dispositif fonctionnerait selon le principe suivant :

Ce système s’inspire des logiques d’affiliation ou de redistribution de revenus déjà pratiquées par des plateformes comme YouTube ou Spotify. Il cherche à créer une relation gagnant-gagnant entre IA générative et presse, en rupture avec la logique d’extraction unilatérale.

Ce modèle ouvre des perspectives intéressantes, notamment pour :

Mais plusieurs limites apparaissent aussi :

Ce débat s’inscrit dans un flou juridique persistant autour de l’usage des données journalistiques par les modèles de langage. Plusieurs questions clés restent en suspens :

Ces questions sont d’autant plus cruciales que les modèles d’IA sont appelés à jouer un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique, l’accès à l’information et la structuration du débat démocratique.

La proposition de Perplexity AI n’est pas un modèle unique, ni une solution définitive. Elle constitue toutefois une tentative concrète de dépasser l’opposition frontale entre IA et médias, en introduisant une logique de collaboration et de cohabitation économique.

En agissant de manière proactive, la start-up cherche aussi à se différencier des géants du secteur, souvent perçus comme opaques ou déconnectés des réalités éditoriales. Cette approche pourrait inspirer d’autres acteurs, comme Anthropic, Mistral ou même Meta, dans leur recherche de modèles plus responsables.

Dans un contexte de régulation croissante de l’IA générative (AI Act, content licensing, régulation numérique), la capacité à construire des mécanismes de partage de la valeur pourrait devenir un critère de légitimité technologique et sociale.

Pour prolonger cette réflexion sur l’impact des IA génératives dans notre société, consultez cet article riche en perspectives : Réguler sans freiner l’innovation : le dilemme des pays émergents face à l’expansion rapide de l’IA
Il explore comment la régulation de l’IA peut être pensée pour favoriser innovation et inclusion, tout en évitant les dérives, un enjeu central lorsque l’on envisage le partage des revenus entre IA et médias.

1. The New York Times Company. (2024). Complaint against OpenAI and Microsoft for copyright infringement.
https://nytimes.com/legal/openai-lawsuit

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