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Body Scan 2, Withings pousse la balance connectée à l’analyse de 60 indicateurs de santé

Dix-sept ans après avoir lancé l’une des premières balances connectées du marché, Withings opère un changement d’échelle. Présentée au CES 2026 de Las Vegas, la Body Scan 2 n’est plus pensée comme un simple objet de suivi du poids, mais comme une véritable station de longévité, capable d’analyser 60 indicateurs de santé en un peu plus d’une minute. Une ambition assumée, transformer un geste quotidien en outil de détection précoce des signaux faibles de maladies chroniques.

La Body Scan 2 succède à la première Body Scan lancée en 2022, déjà pionnière avec l’intégration d’un ECG et d’une analyse avancée de la composition corporelle. Cette nouvelle version franchit un cap supplémentaire. Withings ne se contente plus d’agréger des données, mais revendique une approche globale de la santé, centrée sur les dimensions cardiovasculaires, métaboliques, cellulaires et nerveuses. Après chaque mesure, l’utilisateur accède à un rapport de santé détaillé, conçu pour être interprété dans le temps plutôt que comme une photographie isolée.

Cette orientation s’inscrit dans un contexte sanitaire bien identifié. Les maladies chroniques non transmissibles représentent aujourd’hui près de 74 % des décès dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé1, et se développent souvent de manière silencieuse pendant de longues années.

Withings indique que la Body Scan 2 est capable de mesurer environ 60 biomarqueurs, structurés autour de plusieurs piliers physiologiques. Le cœur occupe une place centrale, avec un ECG à six dérivations couplé à une mesure d’impédance cardiographique (ICG) permettant d’évaluer la capacité de pompage cardiaque. Les artères sont également analysées grâce à la vitesse de l’onde de pouls, un indicateur reconnu du risque cardiovasculaire et de l’hypertension.

La balance explore aussi la santé métabolique et cellulaire, via l’analyse de l’hydratation intra-cellulaire, de l’intégrité des membranes cellulaires et d’un score de régulation glycémique. Enfin, un score de santé nerveuse, mesuré par conductance cutanée au niveau des pieds, permet d’évaluer certains dysfonctionnements périphériques, souvent associés au diabète ou au vieillissement2.

Sur le plan technique, Body Scan 2 s’appuie sur la bio-impédance spectroscopique (BIS) à ultra-hautes fréquences, une méthode qui permet d’analyser les tissus corporels à différents niveaux, y compris intra-cellulaire. La mesure complète dure environ 90 secondes, un temps plus long qu’une pesée classique, mais nettement plus court que la plupart des examens cliniques équivalents. L’utilisateur doit tenir une barre équipée d’un écran, qui fait circuler de faibles courants électriques à travers l’ensemble du corps afin de collecter les données.

La littérature scientifique montre que la BIS peut fournir des informations pertinentes sur l’hydratation cellulaire et certaines anomalies métaboliques, notamment liées à la résistance à l’insuline3.

Withings positionne Body Scan 2 comme un outil de prévention active. L’objectif n’est pas de poser un diagnostic médical, mais d’identifier des tendances et des dérives potentielles avant l’apparition de symptômes. Cette logique est particulièrement pertinente pour des pathologies silencieuses comme l’hypertension ou le diabète de type 2. Ce dernier touche aujourd’hui plus de 530 millions d’adultes dans le monde, dont une part significative reste non diagnostiquée4.

Dans ce cadre, Body Scan 2 cible moins le grand public occasionnel que des sportifs exigeants, des seniors attentifs à leur longévité, ou des personnes engagées dans un suivi de santé régulier, parfois en lien avec un professionnel de santé.

Withings annonce une commercialisation courant 2026, au prix de 499,95 euros. Un tarif élevé, qui positionne clairement la Body Scan 2 sur le segment haut de gamme de la santé connectée. En contrepartie, l’entreprise promet une autonomie d’environ 15 mois sur batterie rechargeable, un élément clé pour garantir un usage quotidien sans contrainte.

Comme souvent avec les dispositifs proches du champ médical, le calendrier reste toutefois conditionné à l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires, notamment le marquage CE médical en Europe et, le cas échéant, l’approbation de la FDA aux États-Unis5.

La capacité de Body Scan 2 à collecter 60 biomarqueurs pose inévitablement la question de la frontière entre prévention utile et surveillance du corps. L’accès à une telle richesse de données peut favoriser une prise de conscience salutaire, mais comporte également le risque d’une surinterprétation par des utilisateurs non accompagnés médicalement. Des variations physiologiques normales peuvent être perçues comme des signaux alarmants, générant anxiété ou décisions inadaptées.

La question de la responsabilité est également centrale. Bien que Withings rappelle que Body Scan 2 ne délivre aucun diagnostic, la granularité des rapports peut influencer les comportements. L’enjeu repose donc sur la clarté des messages, la pédagogie des visualisations et la capacité de l’outil à rappeler ses propres limites. Enfin, la gestion des données de santé, leur hébergement, leur durée de conservation et leur partage éventuel constituent des facteurs déterminants de confiance. À mesure que les objets connectés deviennent plus précis et plus intrusifs, l’acceptabilité sociale de ces technologies dépendra autant de leur utilité que de la transparence des acteurs qui les conçoivent.

Avec Body Scan 2, Withings confirme une trajectoire singulière dans la health tech. Là où certains acteurs privilégient des approches centrées sur le bien-être ou la performance, l’entreprise française revendique une vision plus médicale, ancrée dans la prévention et le suivi longitudinal. En transformant la balance en station de longévité, Withings esquisse un futur où la salle de bain devient un point d’observation régulier de la santé, et où la donnée, lorsqu’elle est bien interprétée, peut contribuer à une médecine plus préventive, personnalisée et accessible.

Cette évolution de Gemini vers une intelligence plus contextuelle s’inscrit dans une transformation plus large des outils de recherche et d’assistance. Dans le même esprit, découvrez notre article « Le mode IA de Google Search s’étend à 180 pays : une nouvelle ère de la recherche », qui analyse comment Google intègre l’IA générative au cœur de ses services pour proposer des expériences de plus en plus personnalisées et proactives.

1. World Health Organization. (2023). Noncommunicable diseases.
https://www.who.int

2. Tesfaye, S. et al. (2010). Diabetic neuropathies. The Lancet. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(09)61962-6

3. Kyle, U. et al. (2004). Bioelectrical impedance analysis. Clinical Nutrition.
https://doi.org/10.1016/j.clnu.2004.04.002

4. International Diabetes Federation. (2023). IDF Diabetes Atlas.
https://diabetesatlas.org

5.European Commission. (2021). Medical Device Regulation (MDR).
https://health.ec.europa.eu

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